Footez nous la paix

17 Juil

Au firmament du football français brille désormais une deuxième étoile de champion du monde. Ce fut un moment intense pour les amoureux du sport et au-delà quand le onze tricolore a conquis son graal . La bande à Deschamps a fait chavirer le pays comme vingt ans plus tôt la bande à Jacquet avait écrit l’histoire. On a envie de danser avec ces gamins de France qui font la nique à leur façon aux récupérateurs de tous bords. Car toute cette cohorte tourneuse de veste à souhait, monte à la une depuis le 15 juillet pour parler d’un pays reconcilié avec ses valeurs, et d’une jeunesse française sans tâche qui rend le pays fier. Halte à la démagogie ! les footballeurs ne sont pas devenus par la grâce d’un titre planétaire, la panacée aux maux societaux de la société française. On leur demande de gagner ! pas de tenir lieu d’îcones de la patrie. Alors les pisse-froids et tous les sociologues de pacotille qui assènent des jugements manichéens, devraient avoir un peu de modestie et de mesure. Les bleus ne vont pas réconcilier la France. Ils donnent des moments de bonheurs intenses mais brefs. Les identitaires et tous ceux qui pointent la non integration des racailles des banlieux et leur « tendances communautaires » s’en retourneront bien vite à leurs credos partisans et discriminants. Les Mbappe Pogba Kanté Fekir et autres vivent d’abord leurs histoires personnelles. Ils sont français et n’ont pas besoin de le prouver plus que d’autres citoyens. Ni exemples ni héros ni alibis, ils sont d’abord et avant tout des champions. Ne les faisons pas sortir des stades pour leur tendre des manifestes politiques qui vont dans le sens qui convient à la vox populi. Inutile non plus de tirer sur les équipes précédentes avec ce politiquement correct qui ne doit aller que dans un seul sens. Evitons en la matière la repentance sélective. Ces sélections aussi font partie de notre histoire sportive. Inutile de les encenser ou de les vilipender plus que de raison. Ne cherchons pas à formater les footbaleurs quand cela nous arrange. Foutons leur la paix et aimons les ou detestons les comme des artistes magnifiques point final ! Le reste n’est que polémique de comptoir et analyse populiste à courte vue.

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Passage forcé

24 Juin

Laurent Wauquiez se situe sur une voie très conservatrice qui flirte sans complexes avec des thèmes chers à l’extrême droite. Option suicidaire ? Pas vraiment. C’est même le seul positionnement qui peut lui permettre d’exister. Le chef des Republicains sait qu’il ne peut compter sur son aile centriste et libérale, qui regarde de plus en plus la Macronie avec les yeux de Chimène. Donc son bloc de confiance ne peut être que sa base la plus radicale. Celle  qui présente de nombreuses porosités avec le Rassemblement National. L’élargissement électoral  ne peut venir que de ce coté là. Du coup Laurent Wauquiez doit  séduire ces franges sur les thèmes identitaires, autoritaires, anti immigration, et anti européens, car  Il sait que les ombres  blondes de Marion Marechal et de sa tante Marine Le Pen  rôdent autour de son parti. Ce contexte le force à une course sans répit pour  incarner  la figure légitime de droite à la présidentielle de 2022. Le pari peut sembler perdu d’avance. Pas forcément ! Nul ne sait quelle sera la côte d’Emmanuel Macron d’ici quatre ans. Si on ajoute le climat national propice au repli, on obtient une fenêtre de tir qui peut s’avérer payante face au chef de l’état perçu parfois comme  moins ferme sur les thématiques régaliennes.  Dès lors toute occasion est bonne à saisir. Des billets de l’Euro qui ne valorisent pas les racines judéo chrétiennes de l’Europe, à la condamnation des rappeurs jugés sulfureux, Laurent Wauquiez ratisse large pour capter la lumière et faire le buzz. Et pour que sa stature de chef prenne de l’épaisseur il éjecte les opposants trop critiques comme Virginie Calmels. Reste à savoir s’il appliquera aux grands leaders de sa formation le même traitement. On peut en douter car en dépit de ses efforts, l’homme n’a pas et n’aura jamais,  l’envergure et le charisme d’un Nicolas Sarkozy ou d’un Alain Juppé. En attendant il ne cesse  de gesticuler. C’est le passage forcé  s’il veut exister. Immense défi pour gain incertain

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Censure facile

13 Juin

Nous y voilà lentement mais sûrement. Le climat de méfiance et de catégorisation automatique alimenté allègrement par une droite aux abois et une extrême droite qui entretient ses fondamentaux sur l’Islam a le vent en poupe. Le rappeur Medine se voit condamné sur la place publique pour certaines de ses chansons à quelques semaines de ses concerts au Bataclan . C’est comme si  une orthodoxie artistique décidée par les politiques et toute une cohorte de censeurs bien pensants aurait seule le droit de donner  le la. Malheur à ceux qui ne passeraient pas sous les fourches caudines de ce carcan, car ils sont très vite taxés de soutiens du terrorisme  et des horreurs causées par les divers attentats qui ont frappé et frapperont la France. L’ennui c’est que sur des sujets de ce type on mélange   tout dans un pays à fleur de peau : La douleur des familles des victimes, la liberté d’expression, le trouble à l’ordre public  et l´opportunisme politique.. Et si on s’en tenait au droit ? Si Medine  par ses actions et ses oeuvres est soupçonnable d’incitation à la haine au racisme et à toute forme de discrimination, que la justice passe ! Malheureusement le tribunal mediatico-politique convoque trop facilement à sa barre des potentiels coupables. Jetés à la vindicte populaire en quelques tweets accusateurs ces « ennemis publics »  sont condamnés sans appel et sans discernement. Le calme de la nuance  n’est plus de ce monde quand règne le repli identitaire frileux.  Que le Bataclan soit un lieu à la mémoire sanglante qui peut sérieusement le nier ?  Cette cicatrice ne se refermera jamais.  Elle est nôtre. . Mais si les programmateurs de cette salle ont jugé  bon d’inviter  Medine, ce choix est d’abord leur liberté. Cette decision peut heurter certains  et cela se comprend aisément.  Doit-on pour autant l’ériger en profanation immonde ? La question a le droit d’être posée.    Cette  polémique  pose une question fondamentale en démocratie : la réprobation morale de certains si elle a droit de cité, doit-elle forcément fermer la bouche et bander les yeux de ceux qui s’expriment différemment ? Personne n’est obligé d’écouter les chansons de Medine ni d’aller le voir sur scène. Il y aura toujours des personnes qui l’aimeront, d’autres qui le combattront, et d’autres qu’il laissera indifférentes.  C’est la tolérance tout simplement n’en déplaise au Rassemblement National  et à tous les excités de  l’Islamophobie politiquement facile, qui  soufflent  un vent mauvais qui amalgame tout sur fond d’émotion collective.

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Surenchère

21 Mai

Frénésie anti voile quand tu nous tiens ! Il semble que dans ce pays d’ouverture de tolérance et de droit, on soit tombé dans une chasse tous azimuts contre l’Islam, quite à l’amalgamer avec une multitude de questions, rassemblées dans  un repli émotionnel généralisant. La « tempête dans un mini verre d’eau » provoquée, à son corps défendant, par la présidente de la section UNEF de Paris Sorbonne, vient d’en donner une nouvelle illustration. Or depuis son apparition médiatique toute l’attention s’est davantage portée sur le fait que Maryam Pougetout porte un hijab, en occultant par la même son discours de syndicaliste. Le dêbat n’est pas juridique puisque le port du voile a toute légitimité dans l’enseignement supérieur. Mais il est d’autant plus pernicieux qu’il se situe sur des terrains passionnels glissants. Dans le cas présent on évoque un signe d’oppression de la femme par une religion jugée obscurantiste et dépassée. Pourtant cette jeune femme a été élue par ses pairs et rien ne permet de claironner qu’elle est forcément soumise à un diktat religieux imposé par son environement. Généraliser cette vision c’est faire fi du libre choix vestimentaire des individus dans l’espace public. De surcroît cette syndicaliste agit dans le cadre d’un mandat qui ne prône aucun prosélytisme. Face à cela on nous ressort l’argument de l’image renvoyée, qui serait un  entrisme des groupes musulmans. Libre à ceux qui le disent de le croire mais cela sous entend un procès d’intention facile sur l’aveuglement des étudiants qui n’ont pas vu le danger representé par Maryam Pougetout. Et devant cette offrande bénie toute la cohorte des politiciens et moralistes attiseurs de braises s’est engouffrée avec  démagogie et délectation. Attention à cette surenchère qui veut régenter  l’Islam en France, de manière identitaire car elle fait gagner la peur et l’ignorance. Une telle obsession brouille les frontières entre la force du légal  et le subjectivisme du ressenti. Si Maryam Pougetout est dans l’illegalité alors que le droit agisse. Sinon il est inadmissible de la sacrifier sur l’autel d’une bien pensance aux fondements douteux, dans un climat de méfiance et de stigmatisation facile.

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Musculator

20 Avr

Emmanuel Macron ne renouvelle rien  sur l’exercice du pouvoir présidentiel sous la Cinquième République. Plus jupitérien que jamais il conjugue dans son mandat  fermeté et solitude de la décision ultime. Un retour aux fondamentaux de la fonction qu’il met au service de sa stratégie  de laminage tous azimuts. En effet pour durer sous les ors élyséens il doit montrer que les differents habits de chef lui vont à merveille. À l’intérieur il claironne à qui veut l’entendre qu’il ira jusqu’au bout, que ce soit sur les diverses réformes dont il innonde le pays, ou face aux protestations des étudiants et des zadistes de Notre Dame des Landes. Il bénéficie il est vrai du désert d’opposants crédibles que lui présente le paysage politique français actuel. De Wauquiez à Olivier Faure ses potentiels adversaires  se retrouvent relegués aux rôles de gesticulateurs impuissants. En politique étrangère Emmanuel Macron veut s’asseoir à la table des grands comme le leader incontournable de l’Europe.  Un leader qui n’hésite pas à endosser le costume de chef de guerre comme lors du  récent bombardement en Syrie avec les anglais et les américains.  Toute cette exhibition musculaire ne sera payante qu’avec des résultats concrets car le chèque de confiance signé par ceux qui l’ont élu lors d’un second tour, il est vrai imperdable, n’est pas d’un montant illimité. Or ça et là on commence à entendre des grincements dans cette mécanique en apparence bien huilée. L’opinion ne voit pas encore les effets des promesses électorales.  Ceux qui attendaient des mesures immédiates découvrent que leur application va s’étaler dans le temps. De même sur le vivre ensemble on sent que le chef de l’état patine quelque peu. Sa sortie sur le lien  à réparer entre les catholiques et la republique n’était pas des plus heureuse . Quant à l’immigration et l’asile sujets hautement sensibles, il faut avouer que le projet de loi gouvernemental laisse sceptique sur de nombreux points. Ces soubresauts parmi d’autres sont des indicateurs à ne pas négliger. Si l’image de réformateur  autoritaire d’ Emmanuel Macron semble séduire pour l’instant une majorité du pays, cette virilité républicaine servie par une communication ultra maîtrisée ne saurait seule tenir lieu de politique à long terme.

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Duel

3 Avr

Ce n’est pas encore la lutte finale mais cela y ressemble. D’un côté Emmanuel Macron et son désir de réformer la SNCF à tout prix. En face Philippe Martinez patron de la CGT qui engage l’épreuve de force pour la défense du service public qui serait menacé par le projet gouvernemental. En déclenchant une grève perlée les syndicats espèrent mettre le pouvoir sur le reculoir et créer éventuellement un convergence des luttes pour paralyser le pays. En restant campé sur ses positions le gouvernement mise sur l’exaspération des usagers devant les désagréments  des jours de grève. L’Elysée sait en outre que le sentiment de l’opinion penche souvent vers la stigmatisation des personnes que la vox populi perçoit  comme des nantis. Or en appuyant volontairement sur le statut des cheminots, le pouvoir savait qu’il jouait sur du velours. En effet il y a un réflexe quasi pavlovien à voir des pistonnés et des profiteurs partout où existent des régimes spéciaux. Ce climat de suspicion générale  pousse  rapidement  à l’émotion immédiate au détriment de la connaissance approfondie des sujets.  Pour Emmanuel Macron l’enjeu se joue aussi sur  la crédibilitée personnelle. Dans un quinquennat le temps file très vite. il faut gagner dans les deux premieres années du mandat, car après les impératifs de la réelection  prennent le pas et bloquent tout. D’où l’importance de remporter ce duel avec les syndicats. Pour Philippe Martinez et la CGT il s’agit de maintenir une influence dans un contexte de faible syndicalisation. Il y a donc  un marquage à la culotte permanent  entre les deux camps. Quand le gouvernement parle de concurrence, en face on brandit le danger d’une privatisation qui ne dit pas son nom. Quand on parle du déficit de l’entreprise, en face on rétorque que ce ne sont pas les cheminots qui doivent  payer le prix de mauvaises décisions stratégiques antérieures. Quand on parle de concertation en face on stigmatise la surdité du pouvoir. C’est du coup pour coup à tout va. Reste que cette montée en température ne peut durer éternellement. Il faudra bien siffler la fin de ce duel sur rail et malheur au perdant qui se relèvera difficilement voire pas du tout de cet affrontement social.

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Bien sûr …..mais

22 Mar

 

Bien sûr on ne va pas pointer un doigt accusateur définitif sur Nicolas Sarkozy du simple fait qu’il soit mis en examen. Mais comment ne pas penser aux conséquences d’une éventuelle condamnation qui provoquerait le plus gros scandale politique de la Cinquième République ? Bien sûr ses soutiens sincères ou intéressés, hurlent à l’acharnement médiatique et judiciaire contre un ancien chef de l’état. Mais doit on souscrire automatiquement à ce jugement un tantinet populiste et clamer « lnnocent subito » ? Bien sûr le grand communiquant qu’est ce leader de droite est venu visage grave au lendemain de sa mise en examen, sur le plateau de TF1 défendre sa probité et relater l’épreuve qu’il traverse. Mais doit on plaindre quelqu’un qui a tous les moyens de défense quand on pense à tant d’anonymes et de sans grades qui ne disposent d’aucune tribune pour clamer leur innocence ? Bien sûr on peut penser que les bombardements  en Lybie étaient motivés uniquement par des desseins humanitaires. Mais la fin de Kadhafi n’est pas exempte de questions et les foules du continent en veulent au pouvoir sarkozyste pour ce qu’elles considèrent comme un assassinat. Bien sûr on peut juger que les affirmations des Lybiens et de Ziad Takieddine sur les valises d’argent sont fantaisistes, et ne méritent aucune attention tant les individus sont peu crédibles. Mais peut on raisonablement jurer la main sur le coeur que les pratiques de la Françafrique et leurs cohortes de mallettes relèvent uniquement de la fiction ?  Bien sûr la justice pourra au final blanchir Nicolas Sarkozy et lui rendre sa dignité et son honneur. Mais n’y a  t il pas une tâche indélébile qui souille son image aujourd’hui et la trace qu’il laissera dans l’histoire ? Bien sûr l’homme peut se relever de tout cela. Bien sûr …….mais.

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